Collection Yves Saint Laurent et Pierre Bergé - Nef du Grand Palais

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            A l'occasion de la vente exceptionnelle (certains la décrivent comme étant la vente du siècle) de la collection privée d'Yves Saint Laurent et de Pierre Bergé, la nef du Grand Palais a accueilli pas moins de 730 œuvres d'art. Précédant la vente qui avait lieu du 23 au 25 février, l'exposition de cette collection était ouverte au public du 21 au 23 février une occasion unique de la voir avant qu'elle ne soit dispersée.


 

            En arrivant on commence par remarquer la foule qui attend déjà de pied ferme sur le bitume. Et comme, bien évidemment, elle ne compte pas s'arrêter à la file d'attente le premier reproche que l'on peut faire est le trop grand nombre de visiteurs lié à la courte durée de l'exposition. En effet la visite de l'expo nous donne en grande partie l'impression de faire partie d'un "troupeau", un peu comme si l'on était venu accompagné d'un "tour operator" (si ce n'est deux ou trois) ! On doit à maintes reprises faire la queue pour voir les œuvres et on finit parfois par se hisser sur la pointe des pieds afin d'apercevoir, par-dessus quelques épaules, les œuvres qui nous intéressent le moins.


 

            On a donc du mal à voir ces maintes œuvres d'art mais qu'est-ce au juste ? Et bien il y a pour ainsi dire de tout : peinture, dessin, sculpture, tapisserie, meuble, argenterie, ainsi que des objets de décoration tels que des vases, des lampes, ou encore des étuis. Et toutes ces œuvres d'art traversent l'histoire en allant de l'antiquité grecque et égyptienne, à Picasso, Matisse et Mondrian, en passant par Géricault, Ingres, Giacometti, Manet, Degas, l'art rococo, un miroir Louis XV, ... Autant dire qu'il y en a pour tous les goûts.


 

            Une collection très éclectique donc mais qui a parfois tendance à devenir assez lourde de par le trop grand nombre de pièces exposées dans une même salle. On ressent dans ces salles un côté "à la chaine", avançant les uns derrière les autres, en voyant défiler une à une ces œuvres devant lesquelles on ne peut pas toujours s'arrêter. Et au milieu de tout ça lorsqu'une pièce en particulier va aiguiser notre curiosité elle ne sera pas toujours accompagnée d'une légende. Autrement dit, devant une toile comportant des traits noirs et des carrés de couleur on saura avant même d'avoir lu la légende qui l'accompagne qu'il s'agit là d'un Mondrian, mais lorsque l'on tombe sur une petite statuette d'une finesse étonnante et que l'on se demande de quelle époque elle date et d'où elle vient on est malheureusement contraint de partir sans réponse.


 

            Pour finir l'exposition est présentée comme étant une reconstitution de l'appartement d'Yves Saint Laurent mais il est difficile de visualiser clairement ce que cela aurait pu donner. De plus on est souvent amené à se demander si toutes les pièces présentées dans une même salle étaient vraiment réunies à l'origine. Si tel était le cas, alors l'appartement devait vraiment avoir un côté "étouffant" !


Photographies ©Christie's

Hazal KUYAS

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