Ressemblance et dissemblance

Hongyu Zhang naît en 1981 à la Chine, en Mongolie intérieure.
Jusqu’à l’adolescence, il accompagne son oncle, professeur de dessin, durant ses voyages en Chine. Ces expériences le rapprochent non seulement du monde de l’art, mais lui permettent aussi de rentrer en contact avec divers peuples et cultures de son pays. Ainsi est née la série de portraits « Catadioptre », dans lequel le point de mire est l’expression humaine, vue comme synthèse des des émotions, traditions, paysages et cultures rencontrés.

En 2003, Hongyu est diplômé de l’Académie des Beaux Arts de Mongolie Intérieure. Deux ans plus tard, il arrive à Paris, et entre en contact pour la première fois avec la culture occidentale.
En 2007, il est diplômé de l’Ecole des Beaux Arts de Versailles et expose au Salon d’Automne.
Au début de l’année 2008, il est nommé sociétaire du Salon d’Automne, expose à New York, au Grand Palais, et dans diverses galeries européennes.
« Après mes études en Chine, j’espérais expérimenter d’autres expériences pour donner des développements nouveaux à mon mode créatif. Connaître l’art occidental a toujours été l’une de mes aspirations. Arrivé en 2005 à Paris j’ai finalement découvert et éprouvé ces nouvelles cultures. Paris mérite à plein titre son nom de métropole internationale. »
Ses toiles rassemblent les portraits de personnes rencontrées durant ses longs voyages. Ces représentations ne cherchent pas à transmettre d’identité morphologique ou esthétique, mais laissent plutôt émerger des sentiments, des humeurs, l’individualité et la profondeur de l’âme des sujets représentés.

Hommes et femmes, visages et corps anonymes d’âges divers, témoignent d’autant de périodes de l’artiste, qui trahissent ses états de souffrance ou de plus grande sérénité. Un panorama d’humanités variées desquelles, à travers l’intensité des visages et des traits, émergent autant d’expressions différentes, toujours profondes. Chaque portrait est un voyage, l’expression d’un monde en soi.
Hongyu s’exprime par une combinaison de traits et de coups de pinceaux, utilisant des outils hérités directement de la calligraphie chinoise (papier, encre de Chine, fusain et parfois acrylique). Le processus de composition, très proche de l’expressionnisme, s’articule en traces diluées, parfois jusqu’à la coulure. Les toiles, elles, sont laissées nues ou préparées en or ou en argent. Quelques rares traces de couleur peuvent apparaître ça et là.
Geste sûr, simplicité des matières et tendance à la monochromie se retrouvent dans la continuité de la culture millénaire de ses racines orientales. L’influence occidentale se dévoile, elle, dans l’énergie vibrante du trait associée à la pratique créative, dans laquelle l’histoire de l’art enregistre en revanche de profonds changements.



Hongyu semble faire sienne la revendication de l'autonomie de la peinture - les têtes peintes ne seraient en somme que des prétextes à peindre. Au lieu de portraits, il ferait des anti-portraits: Des anti-portraits qui donnent lieu à d'extraordinaires exercices de bravoure picturale: les têtes se chevauchent en profondeur.
Si Hongyu fait sans mal applaudir ses Têtes pour leur picturalité, cela ne l'empêche pas de donner simultanément une explication de leur mise en série, de leur répétition et de leur variation, en se référant à des sculptures du Bouddha!
« Dans les grands temples chinois, une salle est consacrée à cinq cents bouddha sculptés dans le bois à échelle humaine. Au premier coup d'œil ils semblent être identiques, mais chaque effigie est différente et personnalisée sans que ce soit un portrait. »


Vitale, le souffle-esprit. Si, de ce point de vue, on devait situer l'esthétique spontanée de Hongyu dans les théories esthétiques modernes, c'est du vorticisme de Pound qu'il faudrait la rapprocher, car ce mouvement, le premier, a tenté de saisir, avec sa notion de vortex, quelque chose de l'esthétique chinoise. C'est par ailleurs parce que le qi(气) est le principe essentiel de l'esthétique chinoise que la notion d'originalité n'y a pas de place. Ce qui compte est que le peintre insuffle de l'énergie à la peinture, peu importe en conséquence qu'il recopie un motif pris à d'autres.



Dans le paysage chinois classique, l'œil était conduit verticalement et suivait le fil du rouleau. La peinture possédait une temporalité ; ;l'aspiration l'aspiration du peintre ( comme du poète ) étant loins de représenter la nature que d'épouser le mouvement même de la création, de s'en apporoprier le qi hongyu inscrit cette temporalité sur la toile en étirant latéralement l'espace de ses paysages et, plus généralement, en dotant ses coups de brosse de force et de vitesse appropriées. La qualité de la peinture ne se mesure pas à sa capacité de faire illusion, mais à l'efficacité du champ énergétique créé.
Un théoricien du XIème siècle comme SU Dong-po: « Discuter de peinture d'un point de vue de ressemblance formelle, c'est de l'enfantillage. » La question de la ressemblance ne l'intéresse pas, « si ce n'est par respect pour le modèle »
ZHAO Yongbin 248918
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